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Une thèse inepte : la culpabilité de Castro

7 messages

Nicolas Bernard
Dimanche 17 avril 2005 à 16h03 #14789 Modification de ce message Citer ce message
La Teigne warreniste - [ Lien Web ] - aime répéter que Castro a fait tuer Kennedy. Certes, elle oscille entre un ton affirmatif et une attitude plus... prudente. Que cette thèse ait été réduite en miettes depuis plusieurs années l'indiffère. Que je le rappelle constamment, preuves à l'appui, ne suscite chez elle aucune autre réaction que l'insulte ou la répétition de la même affirmation.

La conduite de la Teigne warreniste est, il est vrai, plutôt schizophrénique. Depuis son apparition sur ce forum début 2001, elle ne cesse de chercher à défendre le Rapport Warren. Déchirée entre cette image de marque et ses pulsions primaires (accuser Castro du meurtre - même si l'accusation a été réduite en miettes depuis longtemps), elle est incapable dès lors d'assumer ses propres thèses.

D'où ce jeu tordu, où elle recourt - parfois dans le même message, voire le même paragraphe - à un ton quelque peu prudent ("il est fort possible que Castro ait commandité le meurtre") et à une plus grande certitude ("Castro did it"). J'ignore cependant si c'est par volonté d'intoxiquer le lecteur ou par pur dédoublement de personnalité - peut-être les deux.

Avant d'examiner à ce propos la mauvaise foi crasse de la Teigne Warreniste (II), il convient de poster une fois de plus ce message sur l'ineptie de la thèse impliquant Fidel Castro dans l'assassinat du chef d'Etat américain (I).


I. La piste castriste : une impasse

La thèse faisant de Fidel Castro le commanditaire du meurtre de Kennedy est incohérente (1) et ne tient pas compte de ce fait : les deux leaders recherchaient un arrangement fin 1963 (2)... Il n'est d'ailleurs absolument pas établi, contrairement à ce que prétend l'incompétente Teigne, qu'Oswald ait cherché à satisfaire le désir de son "Barbu bien-aimé" (3).


1) Castro commanditaire ? Une thèse incohérente

Le Barbu était certes exalté par moments, mais pas malade à ce point. Les risques, pour une telle opération, étaient énormes - et il savait bien qu'il ferait partie des suspects, au vu du contexte. Jamais l'URSS - Khrouchtchev était encore au pouvoir - ne l'aurait soutenu dans une telle initiative. Castro était au pouvoir depuis trop de peu de temps pour lancer des tueurs aux trousses du Président des Etats-Unis. Il devait avant toute chose penser à consolider sa propre prééminence, consolider son système, mettre définitivement au pas les éventuels futurs adversaires, ainsi que la police secrète et les services de renseignements. Ainsi que l'a d'ailleurs rappelé Serge Raffy dans Castro l'infidèle, la Révolution cubaine était dans l'impasse, en 1963, et le Lider Maximo songeait davantage à la préserver, de l'extérieur comme de l'intérieur. Il n'avait nullement les moyens de mettre au point un projet aussi dément que l'assassinat du mari de Jackie et du père de John Jr. et Caroline.

De même, la thèse de la culpabilité de Castro (qui ne repose sur rien) cadre mal avec la bonne volonté manifestée par les Cubains face aux enquêtes effectuées sur l'assassinat de JFK, bonne volonté qui va de la collaboration ouverte avec le HSCA aux contacts pris entre gradés des services de renseignements locaux et chercheurs. Si vraiment le Lider Maximo avait quelque chose à se reprocher, pourquoi faire preuve d'une telle imprudence ? Il y a toujours un risque à ouvrir ses archives et faire parler les pontes du régime. Un document "oublié" peut refaire surface. Un mot de trop peut être lâché. Un officier du Renseignement peut demander tout à coup à passer à l'Ouest...

Comment expliquer également que rien, strictement rien n'ait transpiré à la fois de Cuba et des services de renseignements américains (CIA, FBI, NSA...) ? L'on aurait pu s'attendre à dénicher un rapport quelconque établissant la culpabilité castriste. Au lieu de cela, ce n'est, lorsque Cuba est évoqué, qu'une suite de suppositions. Johnson avoue en 1969 qu'il estime la piste castriste valable, sans nous en fournir ses raisons - sans doute tient-il déjà à se démarquer au regard de l'Histoire, en avouant avant sa mort qu'il ne croit pas non plus à la fable warreniste. Juste après l'assassinat de Kennedy, Hoover tend dans un premier temps à accabler La Havane, mais il agit sans doute par anticommunisme et désir de camoufler les véritables responsables de même que ses propres bourdes. Si la culpabilité du Lider Maximo avait été prouvée, les Américains auraient réédité la Baie des Cochons, avec un final différent et pas mal d'effets spéciaux supplémentaires. Les Soviétiques auraient été mis dans l'obligation de s'écraser.

De manière générale, l'on recense une énorme incohérence dans la thèse faisant de Castro le commanditaire de l'assassinat. Ce dernier, nous dit-on, aurait agi "par vengeance" : il n'aurait pas apprécié les tentatives de meurtres opérées par la CIA sur ordre de la Maison-Blanche... Donc, il sait qu'il est sur le tableau de chasse de Langley. Il sait que des agents veulent le supprimer. Et ce type est suffisamment inconscient pour offrir un mobile en or à ceux qui veulent sa perte en faisant abattre un Président qui dans le même temps cherche à négocier avec lui ??? En somme, pour se venger d'avoir été la cible de la CIA, il... signerait son arrêt de mort ?

Certes, lors de la crise des missiles, Castro s'est quelque peu lâché, exigeant de Khrouchtchev une offensive nucléaire en règle sur les Etats-Unis, quitte à se détruire lui-même. C'était, cela dit, en octobre 1962, au plus fort de la crise, et à cette date, Fidel pouvait (ou croyait pouvoir) encore compter sur le Kremlin pour pareille stratégie, ce qui n'était plus le cas en 1963 et pour un enjeu aussi fort que l'élimination physique du plus charismatique des leaders du "monde libre". Par ailleurs, on sait depuis que Castro n'a pas été le plus désireux d'entrer en guerre, et que le véritable faucon de son équipe n'était alors qu'Ernesto "Che" Guevara - voir la dernière étude de Serge Raffy.

Ajoutons à cela que Castro est le dernier dictateur communiste vivant de la Guerre Froide. Contre vents et marées, il a tenu. Il a tenu en 1961, il a tenu en 1962, il a tenu en 1963, il a tenu ensuite, même avec l'embargo, même avec la crise économique, même avec le gouffre militaro-financier qu'a été l'expédition en Angola, il a tenu malgré les révélations sur le trafic de drogue, il a tenu malgré les innombrables conjurations de palais, il a tenu même avec la chute de l'URSS. Face à une telle longévité, et de manière générale, face à la biographie de l'homme, je ne peux me résoudre à admettre qu'il ait été suffisamment crétin pour sacrifier bêtement ses chances dans une opération qui, au reste, aurait pu échouer... Parce que prétendre que Castro aurait misé une vengeance aussi lourde de conséquences sur un type comme Oswald, le supertueur des marines, navré, mais ça laisse quelque peu rêveur.


2) Vers un arrangement Castro-Kennedy...

En vérité, au vu du contexte intérieur et diplomatique, Castro envisageait sérieusement - comme Kennedy - un arrangement amenant un modus vivendi entre Cuba et les Etats-Unis. Des manoeuvres diplomatiques ont été menées en coulisses pour neutraliser l'espace cubain. Certes les deux Kennedy ont laissé la CIA développer leurs projets d'assassinat ou de renversement, et après ? Il fallait donner le change aux anticastristes de Washington. Je reste persuadé que Robert Kennedy, sur l'instigation de son frère, a joué double-jeu avec la CIA. D'ailleurs, ces magouilles pouvaient constituer certaine pression sur Castro : vous voyez, on a encore les moyens de vous flinguer, alors mieux vaut négocier, vous avez tout à gagner et rien à y perdre...

Qui plus est, lesdites manoeuvres étaient singulièrement limitées, car ne mettant en jeu qu'un certain AM/LASH, alias Rolando Cubela. Il était toujours possible de le rappeler - c'est d'ailleurs ce qui s'est produit après l'assassinat de Kennedy. Autrement dit, l'accord donné par les Kennedy à la CIA n'avait rien d'irréparable et tient surtout de la concession provisoire en attendant mieux. Dans le même temps, JFK sollicitait des personnes de confiance et moralement irréprochables (Attwood, Bradlee, Daniel) pour amorcer sa politique de détente vis-à-vis de Cuba. Et Castro, comme on le sait, n'y a pas été insensible. Voir d'ailleurs : [ Lien Web ]

Certes, le Lider Maximo a tenu des propos très durs pour le Président américain. Le 7 septembre 1963, il déclare à Daniel Harker, correspondant de l'Associated Press : "United States leaders should think that if they are aiding terrorist plans to eliminate Cuban leaders they themselves will not be safe". L'interview sera effectivement éditée sur trois colonnes en page 7 du Times-Picayune de la Nouvelle-Orleans daté du 9 septembre 1963. Le 16 janvier 1963, c'était : "Nous n'avons pas confiance dans les paroles de Kennedy, il n'a d'ailleurs pas donné sa parole. Et même s'il l'a donné, il l'a déjà reprise! [...] Depuis que Kennedy a pris la parole à l'Orange Bowl, les agents de l'impérialisme ont commis quatre assassinats... Qu'avons-nous répondu? [...] Lorsqu'il s'est adressé aux mercenaires à l'Orange Bowl, il leur a dit qu'il lui remettrait lui-même, à La Havane, le drapeau mercenaire! [...] Ils montrent par la l'âme de gangsters et de pirates qui est celle des gouvernants yankees! Point n'est besoin d'accumuler les preuves. Voilà les paroles et voilà les faits. C'est d'ailleurs pourquoi nous pouvons affirmer que si l'on a su éviter la guerre - ce qui est bon - on n'a pas pour autant gagné la paix - ce qui est mauvais. Voila où nous en sommes !"

Mais ce dernier discours date du début de l'année 1963 - la crise des missiles est encore récente, Castro en veut à pas mal de gens et doit montrer à son peuple qu'il est encore debout, qu'il peut narguer ses adversaires. De telles déclarations font partie de la rhétorique castriste visant l'opinion publique : beaucoup de verbe, peu de vérité. La diplomatie, c'est autre chose. Et les propos isolés du 7 septembre 1963 ne peuvent véritablement signifier un mobile - dans le cas contraire, il faudrait incriminer toute personne ayant attaqué pareillement Kennedy avant le 22 novembre 1963, de Johnson à Carlos Marcello, du petit écrivaillon de la John Birch Society à certains exilés cubains. La phrase du 7 septembre 1963 est à ramener dans son contexte, et l'on s'apercevra qu'elle précède les initiatives de paix prises par Kennedy...

Par voie de conséquence, on voit mal pourquoi Castro ferait supprimer le premier officiel américain à manifester une volonté de conciliation à son égard !

Qui plus est, ladite déclaration n'est pas passée inaperçue, et a même suscité une conférence en date du 12 septembre 1963 au sein de la Commission de Coordination Interagences des affaires cubaines américaine, instance dirigée par un membre du Département d'Etat et en charge des actions de couverture en matière cubaine. Cette Commission a estimé qu'il était improbable que les Castristes s'attaquent à des dirigeants américains. Par contre - et c'est bien ce qui s'est passé -, elle s'attendait à une recrudescence de la guérilla communiste en Amérique latine, et à un soutien plus marqué à son égard de la part de La Havane. C'était et ce sera la manière d'agir des castristes dans la région.

On voit bien que la thèse faisant de Castro le commanditaire d'Oswald ne repose sur rien de concret. Aucun chercheur, si ce n'est Gus Russo - voir un rapide résumé de quelques grossières erreurs commises par ce chercheur : [ Lien Web ] - ne songe à reprendre cette vieille piste.


3) Castro a-t-il fait d'Oswald un tueur ?

La Teigne warreniste a écrit un jour : "On n'a qu'à feuilleter les pages de "The Militant" et du "The Worker" pour constater que les Castroïtes faisaient preuve d'un anti-américanisme primaire et que Kennedy n'échappaient pas à leur vindicte. Celui qui lisait régulièrement ces feuilles de chou était soumis à un véritable lavage de cerveau... (Ozzie était-il devenu un "Manchurian Candidate" à la solde de Cuba?)"

Le ton interrogatif n'abusera personne, la Teigne, comme on le verra, n'ayant jamais fait mystère de ses sentiments à ce propos. Mais revenons au fond.

Si Oswald avait "un crime dans la tête", il était en tout cas suffisamment lucide pour considérer devant un agent du FBI, après l'assassinat, que "puisque le président avait été tué, quelqu'un d'autre prendrait sa place, peut-être le vice-président Johnson, et que les opinions de celui-ci seraient probablement en grande partie les mêmes que celles du président Kennedy." (cité par Léo Sauvage, L'Affaire Oswald, Les Editions de Minuit, 1965, p. 314)

L'inspecteur Kelley, du Secret Service, confirmera : "Je lui demandai si, à son avis, l'assassinat du président aurait quelque effet sur le Fair Play for Cuba Committee. Il dit qu'il n'y aurait pas de changement dans l'attitude du peuple américain à l'égard de Cuba avec le vice-président Johnson devenant président, parce que tous les deux [Johnson et Kennedy] appartenaient au même parti politique, et que l'un suivrait d'une manière générale la politique de l'autre." (Sauvage, ibid.)

Oswald n'était certes pas au courant des initiatives de paix de Kennedy : il ne pensait pas moins, du moins il l'a déclaré, que l'assassinat de JFK ne pousserait pas la Maison-Blanche à plus de clémence, voire pire. Il avait bien conscience de ne pas rendre service à Castro, par la présente...

S'agit-il d'une stratégie de défense ? Non, car ces propos, Oswald les a tenus avant l'assassinat - bien avant. Lors du débat radiophonique auquel il avait pris part à la Nouvelle Orléans, à l'été 1963, un journaliste lui avait demandé s'il se montrait d'accord avec les propos de Castro décrivant Kennedy comme "a ruffian and a thief" : Oswald ne s'y est pas rallié, préférant dénoncer les "monumentales erreurs" de la CIA et du Département d'Etat vis-à-vis de Cuba. A la même époque, le lieutenant de police Francis Martello, qui a pu interroger Oswald après sa rencontre explosive avec Carlos Bringuier, a pu constater qu'Oswald n'en voulait guère à Kennedy, qu'il semblait même le préférer à Khrouchtchev. Voir, à ce propos, Anthony Summers, The Kennedy Conspiracy, Warner Books, 1998, p. 317.

Si vraiment, psychologiquement causant, Oswald avait voulu rendre service à Castro en tuant Kennedy, la Commission Warren elle-même l'a démenti en estimant que la malheureuse expérience d'Oswald au consulat cubain de Mexico avait peut-être douché son enthousiasme pour la cause castriste. En réalité, comme on le sait depuis les levées d'archives, le voyage mexicain tenait sans doute d'une mise en scène destinée à accréditer la thèse du tueur solitaire ou mandaté/fasciné par Castro.

Earl Warren avait envoyé l'un de ses adjoints en mission, William Coleman, pour renseigner la Commission sur la culpabilité éventuelle du régime cubain - une des hantises de Warren. A son retour, la Commission ne pouvait que constater l'absence de pertinence de la piste castriste...

Alors, Oswald, "manchurian candidate" ? Je n'en ai pas l'impression...


Bibliographie

Voir l'article de Jean Daniel, journaliste de L'Express mandaté par Kennedy pour approcher Castro, et présent en sa compagnie lorsque la nouvelle de l'attentat de Dallas est tombée : [ Lien Web ]

Les archives américaines prouvent que Kennedy recherchait un arrangement avec Cuba : [ Lien Web ]

Mise au point confirmative par un article du Guardian en date du 27 novembre 2003 : [ Lien Web ]

Le Rapport du HSCA, qui disculpe - de manière convaincante - le gouvernement cubain : [ Lien Web ] (p. 103 et s.)

L'article de Peter Kornbluh, spécialiste des archives Sécurité Nationale relatives aux relations américano-cubaines : [ Lien Web ]

Selon l'un des biographes de Castro, Serge Raffy, qui a passé des mois et des années à étudier le Lider Maximo, plus personne ne croit à l'implication de ce dernier dans les assassinats des 22-24 novembre 1963. Je pense savoir qu'un autre biographe du leader cubain, Tad Szulc, n'y croit pas davantage.

Notons qu'après la mort de JFK Johnson a un temps envisagé de négocier un arrangement avec Cuba, en 1964, du moins n'a-t-il pas cessé les contacts amorcés par son prédécesseur. Mais il semble qu'il ait renoncé, malgré la bonne volonté castriste, pour cause d'élections présidentielles. Et Richard Nixon ne pouvait se permettre, par la suite, de trouver un arrangement avec Fidel Castro : il était trop tard, ce dernier était définitivement devenu un vassal soviétique. Jimmy Carter, alors ? Mais Castro avait envoyé des troupes en Angola, et Carter avait d'autres préoccupations. Quant à Reagan, même pas la peine d'en discuter. Ainsi que le montre le dernier biographe en date de Castro, Serge Raffy, les Etats-Unis ont même réalisé qu'il leur était nécessaire de garder un dictateur communiste à quelques kilomètres de leurs côtes, pour montrer au peuple américain... le désastre communiste ! (en ce sens, le calcul n'était pas idiot)

Nicolas Bernard
Dimanche 17 avril 2005 à 16h28 #14790 Modification de ce message Citer ce message

II. Les manipulations de la Teigne warreniste

Or donc, malgré les témoignages, malgré les historiens, malgré les archives, malgré le fait que rien, strictement rien (pas même le mobile !) n'incrimine Castro, la Teigne - [ Lien Web ] - persiste dans cette voie (1). Quitte à se contredire (2).


1) Une Teigne conspirationniste

Elle pense Castro coupable, en dépit du bon sens et de la réalité historique. Mais elle éprouve des difficultés à l'assumer. Elle fait croire qu'elle "hésite". Le problème est qu'elle n'est pas capable de s'en tenir à cette version dite "prudente"...

Elle écrivait ainsi, sur ce forum, le 17 avril 2005 : Mais je ne rejette pas le rapport Warren pour autant, le "Castro did it theory" est pour moi une hypothèse que je jauge encore...

Malheureusement cette hypothèse - selon ses propres termes - est bel et bien devenue une thèse qu'elle soutient vaille que vaille, en procédant lâchement par insinuation. En témoignent ses propos tenus depuis 2002. Florilège.

Le 17 octobre 2002 : "Castro avait encore une meilleure raison de faire descendre Kennedy: la vengeance! Vous oubliez que le gouvernement américain, sous Kennedy, a tout fait pour renverser ou faire tuer Castro? Castro n'avait-il pas lançé un avertissement sans équivoque aux autorités américaines le 7 septembre 63? Et la main qui a descendu JFK le 22 novembre n'était-elle pas télécommandée de La Havane?"

Quatre jours plus tard : "Che Guevara était encore dans l'île le 22 novembre 63. Et avec Guevara, qui était le mentor de Castro, tout était possible. Et Guevara se foutait des Russes comme l'an quarante..."

Le même jour : "Moi, je demeure convaincu que Castro a quelque chose à voir avec l'assassinat de Kennedy..."

Le 8 novembre 2002 : "Moi, je crois que Castro est impliqué (de façon directe ou indirecte) et que l'autopsie de JFK n'a pas été falsifiée..."

Le 3 décembre 2003 (forum de William Reymond) - je souligne : "Castro a pris la décision de faire tuer Kennedy sous le coup de la colère et de l'émotion... Ce n'est qu'après coup qu'il en a réalisé toutes les implications, et les conséquences risquaient d'être fatale pour son régime. Ce n'est pas bon de se laisser emporter par ses émotions... parfois c'est fatal. Et je parie que le Che riait dans sa barbe... et c'est pour ça qu'il a fini par décamper... L'île risquait d'exploser..."

Le 4 décembre 2003 (même endroit) : "Je crois que si Castro avait été complètement innocent il n'aurait pas cherché à se disculper en essayant de faire porter le chapeau à d'autres. C'est ce que souvent font les coupables particulièrment quand ils sont lâches: faire accuser des innocents à leur place."

Elle remet ça sur le forum de Tam, le 17 avril 2005 : "Castro est le candidat le plus sérieux en ce qui concerne une hypothétique conspiration pour tuer Kennedy..."

Même jour, même endroit : "Je suis persuadé que Castro a quelque chose à voir avec l'assassinat de Kennedy, une hypothèse que partage aussi l'auteur Edward Jay Epstein...

Pour résumer mon hypothèse, Lee Harvey Oswald est bien l'assassin de JFK et il est fort possible qu'il ait agit dans le cadre d'un complot qui prend racine à La Havane et dont une partie de l'action s'est déroulée à Mexico City entre le 27 septembre et le 3 octobre 1963... L'acte final fut celui de Dallas, 22 novembre 63, oeil pour oeil, dent pour dent."


Même jour, même endroit : "Je me demande si l'hypothèse d'un Castro grand commanditaire de l'assassinat de JFK est si farfelue que ça... Moi, je ne le pense pas... Pour un dictateur-psychopathe, le peuple (aussi appelé "masse") n'est que des pions au service de ses besoins personnels."

Sommée de répondre à mes questions, la Teigne a une nouvelle fois eu recours à sa méthode favorite - le hors-sujet, la dérobade : "Certains psychopathes deviennent de grands criminels, d'autres des politiciens ou des hommes d'affaires... Mais les plus dangereux sont les dictateurs, car il n'y a pas grands contrôles sociaux à leur opposer et ils ont les mains libres pour laisser libre cour à leurs pulsions les plus secrètes... Imaginez un psychopathe jouissant d'un Pouvoir Absolu..."

J'insiste à ce propos car quelques lecteurs me semblent rechigner à l'admettre, et je peux d'autant mieux en parler que je la connais depuis 2001 : la Teigne agit toujours de cette manière. Toujours : mise en difficulté, elle répond par l'insulte ou le hors-sujet, le délire raciste ou la prise de position politique.

Il est vrai que le fond débloque souvent. Ainsi s'est-elle contredite, à propos de la "culpabilité castriste.


2) Où la Teigne se réfute elle-même, sans prévenir...

Le 3 décembre 2003, la Teigne postait ce message sur le forum de William Reymond - je souligne le passage important : "La décision de faire tuer Kennedy a été prise le 7 septembre 63, et le 27/28 septembre, l'assassin fut recruté dans les locaux du consulat cubain à Mexico... A1, un agent d'un service secret sud-américain le confirme, Ozzie s'est fait offrir 5000 dollars US contre la tête du POTUS... Et l'assassinat devait avoir lieu à Dallas, Texas... Ville où il allait-être facile de faire passer l'assassinat de JFK pour un complot d'extrême-droite... Dans le language des services d'espionnage, on appelle ça la technique du false flag... Castro a fait d'une pierre deux coups: se débarasser d'un ennemi et faire porter le blâme par la "Radical Right" ou les anti-castristes de tout acabit."

Ce faisant, elle ressortait un vieux bobard de la propagande anticastriste, bobard... qu'elle avait elle-même réfuté antérieurement ! Si ! Sans déconner ! Voir ce fil : [ Lien Web ] (pas la peine d'effacer les messages, je les ai conservés)

A1, agent d'un service secret sud-américain ? Il s'agissait en réalité d'un certain Gilberto Alvarado, agent des services de renseignements... nicaraguayens, effectivement classé A1. Mais si Alvarado a dénoncé Oswald comme étant un agent castriste, il s'est rétracté, puis a échoué au test du détecteur de mensonge, et sa crédibilité s'est rapidement effondrée devant ses différents revirements...

La Teigne le savait. Elle écrivait en effet, le 11 septembre 2002 (un an plus tôt) : "L'informateur G. Alvarado prétend qu'Ozzie était à Mexico le 18 septembre 63... Or le 18 septembre, Ozzie était encore à la Nouvelle-Orléans, et était encore dans cette ville le 25 septembre, puisqu'il y avait encaissé un chèque de chômage chez Winn-Dixie entre 8h.00 et midi, ce jour là... Si Oswald a reçu $6,500 pour faire l'assassinat du siècle, il n'avait que $13.00 sur lui quand on l'a arrêté au Texas Theater... :-] et aucune trace du magôt ne fut retrouvée...

Et le 19 octobre 2002 : "Comme je l'ai dit précédemment; les déclarations de G Alvarado sont à prendre avec des pincettes: Ozzie n'était pas à Mexico le 18 septembre 63... on comprend pourquoi la commission n'a pas retenue comme crédibles les déclarations de l'agent "A-1", à l'effet que des agents cubains avaient versé 5 ou 6 milles dollars à Ozzie pour assassiner JFK... Ozzie l'a fait gratuitement pour l'amour de son idole, le Lider Maximo."

Pour finir, le 22 octobre 2002 : "Ozzie ne fut à Mexico que du 27 septembre au 3 octobre 1963 [réf: carte de touriste d'Ozzie]... Les propos de G. Alvarado en sont toujours pas crédibles..."

Et un an plus tard, elle le considère comme une source digne de confiance. Sans prévenir le lecteur. Sans l'informer des raisons qui l'ont poussée à changer d'avis.

La Teigne se fout de la gueule de ses lecteurs.

Et voici ce qu'elle répond aux réfutations maintes fois postées : "Comme je l'ai dit; il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée... Et j'ignore pourquoi, monsieur Bernard, vous paniquez à chaque fois qu'on veut envisager la culpabilté éventuelle de votre ami Fidel Castro... Seriez-vous un agent cubain par hasard?"

Elle ne tient aucun compte de ce qui lui est posté. Tout débat avec elle relève de la science fiction.

Pas de surprise. La Teigne est un escroc : [ Lien Web ]

Alex42
Dimanche 17 avril 2005 à 16h37 #14791 Modification de ce message Citer ce message
Ben, c'est vrai qu'on peut changer d'avis, vous ne l'avez jamais fait, vous? :-)

Ceci dit, cela supposerait effectivement que le posteur ait des raisons.

En l'occurence, il pouvait, à juste titre, lui être demandé de justifier comment LHO pouvait être en même temps à la Nouvelle Orléans et à Mexico.

Mais libre effectivement à tout posteur de changer d'avis.

Nicolas Bernard
Dimanche 17 avril 2005 à 16h39 #14792 Modification de ce message Citer ce message
La thèse de la culpabilité castriste avait déjà été démontée sur ce forum : [ Lien Web ]
[ Lien Web ]
[ Lien Web ]

Nicolas Bernard
Dimanche 17 avril 2005 à 16h42 #14793 Modification de ce message Citer ce message
  Citation de Alex42: Ben, c'est vrai qu'on peut changer d'avis, vous ne l'avez jamais fait, vous? :-)

Ceci dit, cela supposerait effectivement que le posteur ait des raisons.

En l'occurence, il pouvait, à juste titre, lui être demandé de justifier comment LHO pouvait être en même temps à la Nouvelle Orléans et à Mexico.

Mais libre effectivement à tout posteur de changer d'avis.


La Teigne en a le droit. Mais pas de manière furtive, sans s'expliquer. Je lui ai demandé de s'expliquer. Elle ne l'a jamais fait.

Ses propos de 2002 à nos jours reflètent au contraire cette constante : la Teigne n'a pas changé d'avis. Elle pense Castro coupable. Ses "hésitations" ne sont que poudre aux yeux, destinée à donner le change - elle a une réputation de warreniste à tenir, non ?

Qui plus est, sa réfutation était si efficace que la reprise de ce bobard un an après ne peut s'analyser autrement que comme du foutage de gueule.

Conclusion : la Teigne est un escroc. Voir [ Lien Web ]

Si elle intervient dans ce fil, vous verrez qu'elle n'agira pas autrement : elle prétendra que l'hypothèse est admissible, puis dans la phrase suivante fera de ladite supposition une certitude...

watch out
Dimanche 17 avril 2005 à 16h45 #14794 Modification de ce message Citer ce message
Castro en tant que commanditaire?
Admettons...

Mais il faut reconnaitre que le gus avait beaucoup d'influence sur le FBI, la CIA et la commission Warren, qui l'ont aidé à couvrir l'assassinat.

Nicolas Bernard
Dimanche 17 avril 2005 à 16h47 #14796 Modification de ce message Citer ce message
Vous ne le saviez pas ? Earl Warren était un agent de Castro...