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Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 12h46 #11642
J'oubliais : Brennan est effectivement allé au bureau du Shériff. Mais avec Sorrels :

M. Stern. - Où êtes vous allé ensuite, avec Brennan et Euins ?
M. Sorrels. - Au bureau du Shériff, qui se trouvait droit le long de la rue à partir du dépôt de livres.
(WC, Vol. VII, p. 350 : [ Lien Web ])

Et Sorrels avait déniché Brennan devant le dépôt de livres, pas au bureau du Shériff (WC, Vol. VII, p. 348 : [ Lien Web ]).

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 12h51 #11643
"On m'a suffisamment reproché de vous apprécier, mais là, je suis totalement bluffé par les contorsions intellectuelles auxquelles vous vous livrez."

La question de départ est, je crois, au départ, la source de lidentification de 12h45.
On a un témoin qui dit qu'il a parlé avec un flic.
On a un flic qui dit qu'il a parlé avec un témoin.
Si celà ne suffit pas pour conclure que c'était Brennan et Sawyer, merci de nous indiquer à qui a parlé Sawyer et à qui a parlé Brennan.
Mais dans l'entretemps, merci de se souvenir une seconde du rasoir d'Occam.

"Autrement dit, si Brennan aborde Sawyer, il ne se souvient pas des fringues. En revanche, s'il aborde Sorrels, il s'en souvient - ce qui est davantage conforme au fait qu'il déclare par la suite que le suspect a peut-être changé de vêtements.

Ce qui règle la controverse : ce n'est pas Brennan qui est à l'origine du signalement, mais un inconnu."

Si ça vous amuse.

"Je note également que vous ne répondez, ni sur la taille d'Oswald, ni sur les erreurs de Brennan relative à la localisation des fenêtres et des trois Noirs, ni sur les commentaires de Liebeler à l'encontre du signalement d'Oswald."

Notez donc que j'ai écrit déjà plusieurs fois que je n'avais pas encore relu le témoignage de Brennan, mais que j'ai déjà répondu à certain des points, nottamment le comique débat sur la taille.

Mais je dois bien dire que j'ai l'impression de perdre mon temps.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 12h59 #11644
"Bien étrange déduction qui ne tient compte ni du caractère fantaisiste du témoignage de Brennan"

Ce n'est pas parce que *vous* avez décidé que le témoignage de Brennan ne vous convient pas qu'il est fantaisiste. Ou alors merci de pointer les aspects fantaisistes de ce témoignage.

"ni du témoignage de Sawyer qui ne souvient même pas du célèbre casque de Brennan"

Merci de nous donner une indication sur la personne à qui Brennan a parlé. Merci de nous donner une indication sur la personne à qui Sawyer a parlé.
Si Sawyer n'a pas vu le casque, Sorrels, lui, l'a vu. Or Sorrels indique que c'est sur place également que quelqu'un lui a indiqué Brennan comme un témoin ayant vu le tireur.
Dans ces conditions, le fait que Sawyer n'ai pas vu le casque est de bien peu d'importance, puisque sur place, on montre à Sorrels Brennan comme une personne qui a vu Oswald. Ce qui démontre que Brennan était sur place à ce moment là et avait déjà donné une description.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 13h03 #11645
"J'avais lu. Et je vous ai répondu. A 12 h 45, sa description des vêtements est : "il ne s'en souvient pas".

C'est ce que je disais et vous me répondiez "FAUX".

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 13h03 #11646
> La question de départ est, je crois, au
> départ, la source de lidentification de 12h45.

Exact.


> On a un témoin qui dit qu'il a parlé avec un
> flic.

Non, on a un témoin (Brennan) qui dit qu'il a parlé à un agent du Secret Service, Forrest Sorrels.

Tout confirme qu'il a parlé avec Sorrels. Y compris le fait que ce soit avec Sorrels que Brennan se rendre au bureau du Shériff - vide supra.


> On a un flic qui dit qu'il a parlé avec un
> témoin.

Exact.


> Si celà ne suffit pas pour conclure que
> c'était Brennan et Sawyer, merci de nous
> indiquer à qui a parlé Sawyer

A un inconnu.


> et à qui a parlé Brennan.

A Sorrels - voir témoignage de Sorrels.


> Mais dans l'entretemps, merci de se souvenir
> une seconde du rasoir d'Occam.

Justement, je ne fais que l'appliquer, ici. Sorrels confirme avoir parlé avec Brennan et être allé au bureau du Shériff. Brennan confirme avoir parlé avec Sorrels et être allé au bureau du Shériff.

Conclusion : Brennan a rencontré Sorrels, et non Sawyer.


> Si ça vous amuse.

Ben voyons.


> Notez donc que j'ai écrit déjà plusieurs fois
> que je n'avais pas encore relu le témoignage
> de Brennan, mais que j'ai déjà répondu à
> certain des points, nottamment le comique
> débat sur la taille.

Ah oui, quand ça supporte le Rapport Warren, c'est un "débat intéressant", mais lorsque ce n'est plus le cas, ça devient "comique"... Si ça vous amuse.


> Mais je dois bien dire que j'ai l'impression
> de perdre mon temps.

Ben voyons-bis.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 13h04 #11647
"> j'aurai une tendance toute naturelle à
> conclure qu'il est debout et même à estimer sa
> taille, et ce tout bêtement sur base de la
> hauteur standard d'une fenêtre.

Moi pas."

Ah bon. Donc si quelqu'un le fait, ça prouve la conspiration?

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 13h06 #11648
> Dans ces conditions, le fait que Sawyer n'ai
> pas vu le casque est de bien peu d'importance,
> puisque sur place, on montre à Sorrels Brennan
> comme une personne qui a vu Oswald. Ce qui
> démontre que Brennan était sur place à ce
> moment là et avait déjà donné une description.

Tout à fait exact, mais plusieurs détails (révélés par la déposition de Sorrels) clochent. Et vu que je n'ai plus le temps, je vous laisse le soin de les découvrir...

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 13h06 #11649
> Ah bon. Donc si quelqu'un le fait, ça prouve
> la conspiration?

Non, ça prouve que vous avez commis une affirmation gratuite.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 13h11 #11650
"Justement, je ne fais que l'appliquer, ici. Sorrels confirme avoir parlé avec Brennan et être allé au bureau du Shériff. Brennan confirme avoir parlé avec Sorrels et être allé au bureau du Shériff.

Conclusion : Brennan a rencontré Sorrels, et non Sawyer."

Non. Brennan dit qu'il a parlé à un policier, qu'il n'identifie pas, et qui le présente ensuite à Sorrels, ce qui correspond au témoignage de Sorrels et confirme encore une fois, par la description des mêmes événements de 2 points de vue différents, que Brennan a parlé à Sawyer.
[ Lien Web ]

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 13h26 #11651
> Non. Brennan dit qu'il a parlé à un policier,
> qu'il n'identifie pas, et qui le présente
> ensuite à Sorrels, ce qui correspond au
> témoignage de Sorrels et confirme encore une
> fois, par la description des mêmes événements
> de 2 points de vue différents, que Brennan a
> parlé à Sawyer.

Faux. Vous l'avez écrit vous-même, d'ailleurs, plus haut. Sawyer dit qu'il a envoyé son témoin au Bureau du Shériff (p. 323), il ne parle à aucun moment de Sorrels. Or, Brennan dit avoir vu Sorrels *avant* d'avoir été au Bureau du Shériff. Ce que Sorrels confirme.

Sartoris
Samedi 25 septembre 2004 à 13h45 #11652
En réponse à la sortie de route de Alex42

Comme vous l’avez précisé, vous n’avez pas encore relu le témoignage de Brennan. C’est sans doute pour cela que vous parlez d’acharnement, de débat comique ou de perte de temps.
Je vous conseille donc de prendre le temps de le relire. Même Alex42 ne doit pas uniquement se fier à sa mémoire ;-)
Croyez moi, votre argumentation y gagnera en cohérence et sérieux.
Je crois aussi que cette pause vous sera salutaire pour reprendre votre sang froid.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 14h18 #11653
"Faux. Vous l'avez écrit vous-même, d'ailleurs, plus haut. Sawyer dit qu'il a envoyé son témoin au Bureau du Shériff (p. 323), il ne parle à aucun moment de Sorrels. Or, Brennan dit avoir vu Sorrels *avant* d'avoir été au Bureau du Shériff. Ce que Sorrels confirme."

Quoi "faux"? Je n'ai pas parlé de Sawyer. Sawyer ne parle pas de Sorrels, effectivement, mais celà est-il gênant à ce point là?
Je veux dire que les souvenirs de Sawyer sont extrêmement parcelaires, le chaos qui régnait à ce moment là fait qu'il est notamment même incapable de donner une description de l'homme à qui il a parlé.
Par contre, on a les souvenirs clairs et concordant de Brennan et de Sorrels. Sorrels : "Je suis sorti du bâtement et j'ai demandé si quelqu'un avait vu quelque chose. Et quelqu'un m'a pointé Mr Brennan."([ Lien Web ])
Par ailleurs, si Brennan se risque à faire une description à ce moment là à Sorrels, il se contente de dire que l'homme avait "une chemise ou une veste légère ou quelque chose de ce genre".
Ce n'est pas exactement ce qu'on appelle une description de vêtements très précise :-)
Bref, on a une concordance d'ensemble qui montre que Sawyer a parlé à Brennan qui a ensuite parlé à Sorrels.
Ou alors, merci de nous dire qui est le policier qui a parlé à Brennan et l'a ensuite dirigé vers Sorrels.
Une autre possibilité, envisagée par Posner, est que le premier officer de police rencontré par Brennan ait été un autre policier, qui l'aurait ensuite présenté à Sawyer (que Brennan aurait confondu avec un agent du SS du fait de ses vêtements civils). Dans ce cas, c'est soit Sawyer, soit encore un autre policier qui aurait pointé Brennan pour Sorrels.

Alex42
Samedi 25 septembre 2004 à 14h23 #11654
"Je crois aussi que cette pause vous sera salutaire pour reprendre votre sang froid."

Cramle? Mais je suis très cramle !!!!
Bon, de tout façon, je suis en ballade pour le reste du ouiquende.

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 15h10 #11655
Bon, j'essaie de récapituler (en me calmant moi-même perso, parce que j'ai eu le sentiment de m'énerver un peu, I confess).

Vers 12 h 43, un homme aborde le policier Sawyer et lui décrit un suspect localisé au dépôt de livres. Sawyer contacte le QG de Dallas :
Sawyer. - La personne recherchée est un Blanc mince, d'environ 30 ans, 1 mètre 80, 80 kilos, portant une arme du genre Winchester 30-30 ou approchant...
Quartier Général. - Description des vêtements ?
Sawyer. - Le témoin ne s'en souvient pas.
(cité in Mark Lane, "L'Amérique fait appel", op. cit., p. 82)

Deux détails doivent être retenus : ce témoin décrit la taille de l'individu mais ne se souvient pas de ses vêtements.

Sawyer déclare qu'il a envoyé ce témoin au bureau du Shériff. Mais lors de sa déposition à la Commission Warren, il ne peut le décrire.

D'un autre côté, Howard Brennan déclare à la Commission qu'il est allé voir, dix minutes après l'attentat, un policier qui se tenait devant le dépôt de livres, qui l'aurait conduit à l'agent du Secret Service Forrest Sorrels (WC, Vol. III, p. 145 : [ Lien Web ]). En lisant attentivement sa déposition, rien ne révèle qu'il ait décrit cet individu à ce policier - en fait, c'est visiblement à Sorrels que Brennan déclare avoir "relaté ce qu'il savait" (ibid.). Brennan dit avoir vu le tireur au policier (il lui désigne la fenêtre), mais rien n'indique qu'il l'ait décrit.

Brennan, en effet, veut parler à un agent du Secret Service ou du FBI : le comprenant, le policier lui répond "Attendez une minute", donne quelques ordres du côté est du bâtiment et l'amène à Forrest Sorrels. Le laconisme de Brennan tend à indiquer que ces derniers événements se déroulent dans un laps de temps assez court.

Sorrels, de son côté, confirme avoir vu Brennan, que quelqu'un le lui a désigné (un flic ? On ne sait), et que Brennan lui a décrit l'homme du 5e étage : "Je lui ai demandé si oui ou non il pensait pouvoir identifier l'homme qu'il avait vu. Il me répondit en me le décrivant comme un homme mince, portant ce qui lui avait semblé être une veste légère ou une chemise ou quelque chose de ce genre, qu'il croyait pouvoir reconnaître. Il insista sur sa minceur." (WC, Vol. VII, p. 349 : [ Lien Web ]). On notera que Brennan ne décrit pas la taille de l'individu, ni son âge, mais se souvient de ses vêtements et de sa minceur. A l'exception de la peu probante minceur, cette description n'est pas conforme à ce qu'a retenu Sawyer : l'inconnu du 5e étage, nous dit-il, est âgé d'environ 30 ans, mesure 1 m 80, est mince, et le témoin ne se souvient pas de ses fringues.

Un autre problème se pose : on sait que Sorrels est revenu sur Dealey Plaza au moins vers 13 h, peut-être après. Les membres de la Commission avaient une intéressante question à poser à Brennan : ils ne l'ont pas fait. Car Brennan décrit des événéments qui se déroulent dix minutes après l'attentat. Mais bon, mettons cela sur le compte d'une déficience mémorielle... Et admettons que Brennan ait perdu bien plus que dix minutes avant de contacter le policier qui le renverra sur Sorrels, et qu'il ait attendu encore quelques minutes avant que le flic ne revienne à lui - ce qui lui aurait laissé le temps de dialoguer avec Amos Euins.

Une fois la description opérée, Sorrels emmène Brennan au bureau du Shériff (WC, Vol. VII, p. 350 : [ Lien Web ]). Et dans son affidavit signé le 22 novembre 1963 au Bureau du Shériff (reproduit in Remington, "The Warren Report. Evidence vs. Conclusions", XLibris, 2003, p. 45-46), Brennan décrit l'homme comme étant d'environ 30 ans (ce qui colle), mince (ce qui colle), de 75 à 80 kilos (ce qui colle). Mais Brennan ne mentionne toujours pas la taille, et se souvient de ses vêtements (légers, colorés, mais certainement pas un costume). Ce n'est que devant la Commission Warren, des mois plus tard, et alors que les informations sur Oswald auront déjà fait le tour du monde, que Brennan se souviendra de sa taille.

S'agissait-il du témoin que Sawyer a approché ? On a vu que cette question (et surtout, la réponse apportée par le Rapport) gênait considérablement certains membres de la Commission Warren. Plusieurs éléments permettent de formuler une réponse négative :

1) Sawyer ne peut décrire ce témoin, alors que Brennan est assez inoubliable avec son casque.
2) La Commission Warren n'a pas cherché à le confronter à Brennan, ce qui veut tout dire.
3) La description donnée par Sawyer au QG n'est pas totalement conforme à celle donnée par Brennan (taille et vêtements).
4) Sawyer dit avoir envoyé son témoin au Bureau du Shériff. Or, c'est Sorrels qui, de lui-même, a emmené Brennan avec Euins au Bureau, ce au moins quinze à vingt minutes après le signalement donné par Sawyer.

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 15h23 #11656
> Ou alors, merci de nous dire qui est le
> policier qui a parlé à Brennan et l'a ensuite
> dirigé vers Sorrels.

Ca, j'en sais rien. Je serais tenté d'avancer ma phrase fétiche sur le job de la Commission... Et je la lance : c'était à la Commission de retrouver ce flic. Et si vraiment il était évident que ce fût Sawyer que Brennan ait rencontré, pourquoi ne pas les avoir mis face à face ?


> Une autre possibilité, envisagée par Posner,
> est que le premier officer de police rencontré
> par Brennan ait été un autre policier, qui
> l'aurait ensuite présenté à Sawyer (que
> Brennan aurait confondu avec un agent du SS du
> fait de ses vêtements civils). Dans ce cas,
> c'est soit Sawyer, soit encore un autre
> policier qui aurait pointé Brennan pour
> Sorrels.

Je m'étais aussi pose la question, parce que Brennan a déclaré avoir dit à Sorrels que les deux Noirs qu'il avait vus quitter le dépôt étaient ceux qu'il avait observés au 5e étage (WC, Vol. III, p. 146 : [ Lien Web ]), ce que démentait Sorrels (WC, Vol. VII, p. 349 : [ Lien Web ]). Mais je crois que c'est Brennan qui en a par la suite rajouté - car, confronté par la Commission Warren à Bonnie Ray Williams, James Jarman et Harold Norman, il n'en a reconnu aucun (WC, vol. III, p. 152 : [ Lien Web ] - et p. 184-185 : [ Lien Web ] - [ Lien Web ]).

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 15h26 #11657
> Quoi "faux"? Je n'ai pas parlé de Sawyer.
> Sawyer ne parle pas de Sorrels, effectivement,
> mais celà est-il gênant à ce point là?

Il n'y a pas que cela. Sawyer déclare avoir envoyé son témoin au Bureau du Shériff. Or, Brennan et Sorrels confirment que Brennan est d'abord allé voir Sorrels, et que c'est Sorrels qui l'a emmené au Bureau du Shériff.

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 17h23 #11658
Brennan a-t-il vu Oswald tirer les coups de feu ? Certainement pas, même s'il est possible qu'il ait vu le tireur.

Certes, il existe des raisons de penser que Brennan a d'abord désigné la butte gazonnée :
1) La Commision Warren l'a insinué (WC, vol. 3, p. 211 : [ Lien Web ]).
2) Elle a cependant refusé d'interroger l'équipe de NBC à qui un Brennan aurait confié un tel témoignage.
3) Un trou dans l'emploi du temps de Brennan est assez étrange : si l'on admet qu'il voit Sawyer, il attend une dizaine de minutes. Et s'il était allé du côté de la butte gazonnée ?

Mais admettons que Brennan ait désigné le 5e étage du dépôt de livres comme lieu d'où sont partis les coups de feu (enfin, *deux* coups de feu d'après lui, dont le premier avait été d'abord identifié comme une explosition de pétard - voir WC, Vol. III, p. 144-145). Après tout, son affidavit du 22 novembre 1963 prouve qu'il a vu un tireur - et son affidavit se rapproche beaucoup de sa déposition devant la Commission Warren (il déclare que le fusil était une arme de grande puissance, qu'il a pu voir le canon, mais qu'il ne saurait dire si le fusil était doté d'une lunette de visée). Ce qui prouve que Brennan avait une bonne mémoire. Voire une très bonne mémoire.

On notera que cet affidavit comporte ces mots prophétiques : "Je crois que je pourrais identifier cet homme si je devais le revoir".

Car le fait est qu'au cours du line-up, Brennan n'a pas reconnu Oswald ("Report of the Warren Commission on the assassination of President Kennedy", Bantam Books, 1964, p. 135). Et pourtant, tout avait été fait pour lui faciliter la tâche :
1) en premier lieu, Brennan avait déjà vu Oswald à la télévision (WC, Vol. III, p. 147-148) ;
2) Oswald était le seul individu du line-up à apparaître comme étant blessé (voir la déposition de Sorrels, qui pourtant estime que le line-up permettait une appréciation objective, in WC, Vol. VII, p. 354-355). Sorrels confirme que Brennan lui a confié qu'Oswald était l'homme qui se rapprochait le plus de celui qu'il avait vu, mais Brennan, cependant, s'abstient de faire une identification concluante.

Or, Brennan a changé d'avis à diverses reprises. Le 17 décembre 1963, interrogé par le FBI, il déclarait être certain qu'Oswald était le tireur du 5e étage. Mais il est revenu sur ses déclarations le 7 janvier 1964, avant d'opérer une identification positive devant la Commission Warren ("Report...", op. cit., p. 135).

Le revirement du 17 décembre 1963 est assez étonnant en soi, parce que c'est bien la première fois que je vois le FBI revenir à la charge pour faire parler un témoin (habituellement, c'est plutôt le contraire). Un agent (que Brennan pensait être du Secret Service ou du FBI - mais il s'agissait du FBI) a en effet posé cette question à Brennan : "Vous dites que vous ne pouvez pas faire une identification formelle. Est-ce pour des raisons de sécurité personnelle ou bien réellement ne le pouvez-vous pas ?" A ce surprenant effort de mansuétude et tant de bonne volonté - en d'autres termes, à cette perche tendue - Brennan aurait, selon lui, répondu qu'il craignait pour sa sécurité et pour sa famille : "Je croyais à l'époque, et je crois encore, que tout cela était le fait des communistes et, pensant qu'il n'y avait pas eu plus d'un témoin oculaire, je craignais pour ma propre sécurité et celle de ma famille, si l'on venait à savoir que j'étais ce témoin oculaire" (WC, Vol. III, p. 148).

Le Conseiller Belin lui demande alors s'il n'a pas pensé qu'Oswald risquait alors d'être relâché, à quoi Brennan aura cette réponse magnifique : "Je savais déjà qu'il était inculpé pour un meurtre et j'étais sûr qu'il ne serait pas relâché". (ibid.)

En d'autres termes, Brennan reconnaissait avoir menti, parce qu'il craignait pour sa famille. Par ailleurs, il se révélait assez calculateur, car pensant qu'Oswald resterait malgré tout en prison. Le meurtre d'Oswald l'a, reconnaît-il, "soulagé" : il ne courrait plus aucun danger (ibid.). Effectivement, il ne risquerait plus d'être confronté à Oswald dans le cadre d'un procès avec débat contradictoire...

De toutes les manières, ce prétexte ne résiste pas à l'analyse. Mark Lane révèle ("L'Amérique fait appel", op. cit., p. 87) que "cette inquiétude que Brennan prétendait éprouver pour sa sécurité et celle de sa famille ne l'a aucunement empêché de faire des déclarations aux journalistes dès le 22 novembre et de leur communiquer non seulement ses impressions mais son nom" (et Lane de citer le Dallas Morning News du 23 novembre 1963). "Enfin, après la publication du Rapport de la Commission, il fit une brève apprition à une conférence de presse à New York et participa à une émission spéciale de télévision. S'il pensait réellement que la mort du président Kennedy était le fait des communistes et en éprouvait de sérieuses appréhensions, on ne voit pas ce qui aurait pu les apaiser, car jusqu'alors aucun conspirateur n'avait encore été arrêté" (ibid.).

Il est donc beaucoup plus probable que Brennan, même en ayant vu Oswald à la télévision, ne l'a pas reconnu parce qu'il n'était pas capable d'identifier le tireur. Comme on le verra, sa mauvaise vue a certainement joué.

Les agents du FBI lui ayant rendu visite le 17 décembre 1963 l'ont-ils influencé ? D'après Sandy Speaker, qui travaillait avec Brennan, "il lui ont fait dire ce qu'ils voulaient" (interview de Speaker par Jim Marrs, in Jim Marrs, "Crossfire", Carroll & Graf, p. 26). Mais Brennan avait eu largement l'occasion d'apprendre qu'Oswald était l'unique assassin de Kennedy. Par conséquent, il a adapté sa mémoire à la version offerte par la presse et le FBI.

On sait que Brennan souffrait d'une mauvaise vue. Il a souffert d'un accident en 1964, mais la Commission Warren n'a pas cherché à déterminer dans quelle mesure la vue de Brennan en avait été altérée, bien qu'il ait été examiné un an auparavant par le Dr. Howard R. Bonar, qui ne sera pas invité à témoigner (Mark Lane, "L'Amérique fait appel", op. cit., p. 85).

Rappelons que Brennan se trouvait à 44 mètres de la fenêtre du 5e étage (dont les vitres des fenêtres étaient fortement illuminées par le soleil de midi), et qu'il a reconnu ne pas porter ses lunettes (WC, Vol. III, p. 147). Difficile donc de distinguer aussi précisément les traits d'un individu, en hauteur. Surtout, le propre témoignage de Brennan démontre qu'il n'a pu observer aussi attentivement le tueur.

Par flemme, je cite Mark Lane (j'ai vérifié les sources avancées par ce dernier : elles confirment ses dires) : "Pour déposer devant la Commission, Brennan fit le voyage de Washington dans le même avion que trois témoins noirs - Bonnie Ray Williams, James Jarman Jr., et Harold Norman - dont, selon ses déclarations, deux auraient été les hommes qu'il avait vus, d'abord au cinquième étage, puis à leur sortie de l'immeuble (WC, Vol. III, p. 156 et 184-185). Mais il ne les reconnut pas sur les photographies qu'on lui montrait (WC, Vol. III, p. 152). L'avocat lui demanda alors s'il avait "aussi bien vu les deux Noirs que l'homme à la carabine" (WC, Vol. III, p. 156). Il répondit affirmativement (ibid.). Mais en avait-il conservé un souvenir aussi précis ? poursuivit l'avocat (ibid.). "Oui, sans doute, sur le moment. Et maintenant qu'ils ont voyagé avec moi dans l'avion, il est bien évident que je les reconnais !" (ibid.)"

Mark Lane poursuit : "N'empêche que la journée n'était pas terminée que, confronté avec Williams, Jarman et Norman dans la salle d'audience (WC, Vol. III, p. 184), il fut incapable de les désigner, lorsqu'on le lui demanda, ceux qu'il avait vus le 22 novembre à la fenêtre ou sortant du dépôt (WC, Vol. III, p. 184-185). "Je ne sais pas lesquels (WC, vol. III, p. 184), je ne puis le dire de façon certaine (WC, Vol. III, p. 185)... J'en ai vu deux, mais lesquels..." (ibid.). Ce qui n'empêcha pas la Comission de considérer les déclarations de Brennan comme valant identification. "Lorsque les trois employés comparurent devant la Commission, Brennan désigna les deux qu'il avait vus quitter le bâtiment." (WCR, 145, 825)" (Mark Lane, "L'Amérique fait appel", op. cit., p. 85)

Et Mark Lane d'achever son impeccable démonstration : "Où le problème rebondit, et ceci de façon plus sérieuse, ce fut lorsque Brennan, qui s'était déjà révélé incapable de reconnaître les hommes qu'il disait avoir vus (WC, Vol. III, p. 184-185), d'abord à la fenêtre, puis dans l'escalier, dut confesser qu'il ne pouvait même pas identifier la fenêtre elle-même (WC, Vol. III, p. 186)." (Mark Lane, "L'Amérique fait appel", op. cit., p. 85)

Effectivement (WC, Vol. III, p. 186) :

Brennan. - A l'une des fenêtres, j'ai vu deux de ces gens, des employés qui sont descendus ensuite.
M. Belin. - Mais vous ne pouvez pas dire quelle fenêtre parmi les trois possibles ?
Brennan. - C'est exact.

Autrement dit, Brennan peut précisément décrire Oswald, mais n'est pas fichu de reconnaître les Noirs de l'étage inférieur, ces Noirs qu'il prétend à l'occasion avoir parfaitement identifiés, et va même jusqu'à se planter sur la fenêtre où ils apparaissaient.

Problème de mémoire ? Certainement pas. Au contraire, la mémoire de Brennan est plutôt fiable (il se souvient de divers détails relatifs au fusil, et des vêtements du tireur - par ailleurs, sa version des faits est généralement confirmée par Forrest Sorrels). C'est donc que Brennan souffrait d'une mauvaise vue, ou du moins n'a pas eu le temps de distinguer aussi précisément le tireur (rappelons par ailleurs qu'il pensait que ledit tireur se tenait debout, ce qui n'est pas conforme à la réalité). Ne pas être capable, ni de reconnaître les Noirs, ni de les situer, jette un doute très sérieux sur le fait que Brennan ait bel et bien observé Oswald. Et quand on sait que Brennan n'a pas été capable d'identifier positivement et avec certitude Oswald au cours du line-up, avant de changer épisodiquement d'avis, on se rend compte que ce témoin a certes vu un tireur, mais que sa mémoire s'est adaptée à la vérité officielle.

Brennan ne pouvait reconnaître les Noirs parce que sa vue n'était pas excellente. Brennan n'a pu reconnaître Oswald et ce pour les mêmes raisons. Mais la presse, le FBI désignaient du doigt Oswald : Brennan a fort logiquement conclu que l'homme du 5e étage était Oswald. De tels comportements psychologiques sont très répandus - voir le cas de Jean Hill qui, à force d'entendre parler du tireur de la butte gazonnée, a fini par le voir dans ses souvenirs...

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 17h59 #11660
Pour enfoncer le clou à propos du signalement d'Oswald, citons donc Léo Sauvage : "Ainsi donc, la seule chose dont se souvienne l'inspecter Sawyer est celle qui est contredite par l'agent spécial Sorrels. Ce dernier, en rapportant qu'il a personnellement emmené Euins et Brennan au bureau du Shériff, ne fait aucune allusion à Sawyer, et celui-ci ne pense certainement pas au représentant permanent du Secret Service à Dallas en expliquant à la Commission le système de liaison qu'il avait établi avec le bureau du Shériff : 'Nous mîmes sur pied un groupe d'agents et de deputy-sheriffs avec pour mission de prendre soin des témoins et les emmener là-bas (au bureau du Shériff, de l'autre côté de la rue, L.S.) pour veiller à ce que leurs déclarations soient prises par écrit. C'était plus ou moins un service d'escorte, pour empêcher que les témoins ne disparaissent.' Si c'était Brennan qui avait fourni la description à Sawyer, il faudrait supposer qu'après avoir jugé son témoignage suffisamment important pour le transmettre par radio au quartier général de la police (encore que pas suffisamment important pour envoyer aussitôt quelques hommes au sixième étage), l'inspecteur, contrairement à son affirmation, ne l'a pas mis entre les mains de son 'service d'escorte', le laissant traîner sur le trottoir devant l'immeuble jusqu'à ce qu'il soit interpelé par Sorrels." (Léo Sauvage, "L'Affaire Oswald", Editions de Minuit, 1965, p. 387)

Sauvage ajoute que Brennan, "dans ses différentes dépositions, n'a jamais offert de description de l'arme" (op. cit., p. 388), ce qui est vrai, Brennan ayant reconnu devant la Commission Warren : "Je ne suis pas un expert en armes à feu" (WC, Vol. III, p. 144 : [ Lien Web ]), outre qu'il était incapable de distinguer la lunette de visée (ibid.).

Pourtant, on sait que Sawyer a décrit une arme qui pouvait être une Winchester 30-30 ou approchant. Déduction de Sawyer ? Ou déclaration de son mystérieux témoin ? En tout cas, certainement pas Brennan.

Mais Sauvage m'a permis de tomber sur la déposition d'un officier de police, Welcome Eugene Barnett. Qui révèle qu'il a été approché par un ouvrier en bâtiment ("construction worker") lui ayant révélé qu'il avait vu le tireur du 5e étage (WC, Vol. VII, p. 542-543). Il a gardé l'homme à sa disposition jusqu'à ce qu'il soit emmené au palais de justice ("courthouse") juste à côté. Lui et l'individu se tenaient devant l'entrée du dépôt de livres, à l'endroit précis où Sorrels tombera sur Brennan (ibid.).

Plusieurs détails méritent d'être soulignés :
1) Barnett décrit son témoin comme étant "construction worker", ce qui correspond à la description de Brennan, tout à fait reconnaissable avec son casque de chantier.
2) La version de Barnett, en dépit de ses imprécisions, colle tout à fait à celle de Brennan et Sorrels, disons qu'elle ne les contredit pas, à la différence de Sawyer : Brennan relate avoir parlé à un agent de police (ce que confirme Barnett), lui signalant qu'il a vu le tireur du 5e étage (ce que confirme également Barnett), et est tombé sur Sorrels (ce que ne dément pas Barnett, qui ne précise pas quand son témoin est embarqué), même s'il le situe à un endroit différent. Mais Sorrels a reconnu avoir découvert Brennan à l'endroit où se tenaient Barnett et son témoin.

En d'autres termes, le flic approché par Brennan était probablement Barnett, et non pas Sawyer.

siberian_khatru
Samedi 25 septembre 2004 à 18h00 #11661
"De toutes les manières, ce prétexte ne résiste pas à l'analyse. Mark Lane révèle ("L'Amérique fait appel", op. cit., p. 87) que "cette inquiétude que Brennan prétendait éprouver pour sa sécurité et celle de sa famille ne l'a aucunement empêché de faire des déclarations aux journalistes dès le 22 novembre et de leur communiquer non seulement ses impressions mais son nom" (et Lane de citer le Dallas Morning News du 23 novembre 1963). "Enfin, après la publication du Rapport de la Commission, il fit une brève apprition à une conférence de presse à New York et participa à une émission spéciale de télévision. S'il pensait réellement que la mort du président Kennedy était le fait des communistes et en éprouvait de sérieuses appréhensions, on ne voit pas ce qui aurait pu les apaiser, car jusqu'alors aucun conspirateur n'avait encore été arrêté" (ibid.)."

Est-il possible de retrouver ces article??

Car à la commission, on était pas vraiment intéressé:
Mr. BRENNAN. Well, it occurred to me that there might be more than one person, that it was a plot which could mean several people, and I knew beyond reasonable doubt that there were going to be bullets flying from every direction. [passage ici qui m'a fait tombé en bas de ma chaise car.........]
Mr. BELIN. Then what did you do after that? Or what did you see? [on ne le questionne aucunement par la suite sur ce qu'il vient de dire!!! invraisemblable]

Nicolas Bernard
Samedi 25 septembre 2004 à 18h00 #11662
La déposition de Barnett est accessible ici : [ Lien Web ]

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