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Opération Mongoose

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Teigne warreniste
Jeudi 22 mars 2001 à 03h52 #23 Modification de ce message Citer ce message
Après l'échec de la Baie des Cochons (avril 61), les Kennedy (John F. et Robert) ont entrepris de mettre sous un contrôle unique toutes les opérations clandestines (assassinats, sabotages, etc.) dirigées contre Cuba. Ça deviendra "Operation Mongoose".

"Operation Mongoose" allait être graduellement disparaître après la Crise des Missiles d'Octobre 62.

Mais les Kennedy n'allaient pas renoncer à renverser le régime Castro, le 19 novembre 1963, dans un discours à l'Orange Bowl Stadium de Miami, JFK exorte les Cubains à renverser la dictature Castro et assure les éventuels putschistes du soutient du gouvernement américain. Le 22 novembre 1963, à Paris, la CIA négocie avec le Dr Rolando Cubela, un proche de Castro, les modalités d'un coup d'État contre le Lider Maximo... Le jour même JFK meurt sous les balles d'un tireur à Dallas... Coïncidence?

Tam
Jeudi 22 mars 2001 à 09h25 #24 Modification de ce message Citer ce message
Salut mechant.boris ! Ne crois pas que je ne vais pas prendre la peine de répondre à tous tes posts sur ce forum mais il me faut un peu de temps pour ça (environ 24 heures). J'avais tenté de te joindre par e-mail pour te demander certaines choses, mais apparemment l'adresse que tu as mise sur le forum n'est pas correcte... si tu en as envie, n'hésite pas à m'envoyer la bonne personnellement, je ne la divulguerai pas (ou bien tu peux la changer ici si c'est une erreur). Je te proposais entre autres d'avoir ta propre image dans ce forum (la hiérarchie n'est pas super adaptée dans ton cas, tu as l'air de t'y connaitre vraiment bien).

Tiens moi au courant et encore merci pour ta participation !
Tam.

Teigne warreniste
Samedi 24 mars 2001 à 14h51 #25 Modification de ce message Citer ce message
Salut Tam!

Effectivement, l'adresse e-mail que j'avais donné ne semble plus être active. Alors essaye celle-ci: carboxx@hotmail.com

Mille excuses! ;-)

Tam
Samedi 24 mars 2001 à 20h26 #27 Modification de ce message Citer ce message
Citation:
Le 2001-03-22 09:25, Tam a écrit:
Salut mechant.boris ! Ne crois pas que je ne vais pas prendre la peine de répondre à tous tes posts sur ce forum mais il me faut un peu de temps pour ça (environ 24 heures).

Euh... j'ai dit 24 heures, moi ? Bon, promis-juré je fais ça début de semaine mais là je suis vraiment à la bourre ;-)

PS: Merci à toi (et sans doute à d'autres visiteurs) d'avoir la patience de supporter les caprices de Free... pas facile tous les jours.

Nicolas Bernard
Jeudi 24 mai 2001 à 20h51 #128 Modification de ce message Citer ce message
Relativement à la discussion avec l'agent Amlash (Rolando Cubela) des modalités de renversement de Fidel Castro, il s'agit là d'une pure coïncidence, tout de même révélatrice sur un point : la CIA, du moins certains de ses agents, en dépit des instructions de Kennedy, n'en avait pas fini avec Fidel.

De là à dire que Castro a été mis au courant de tous ces projets d'assassinats mis en oeuvre par l'Agence et qu'il en a déduit qu'il fallait se venger de JFK, voilà qui par contre ne résiste pas aux faits (négociations secrètes La Havane-Maison Blanche) et sombre dans l'illogique. Car si cela avait été le cas, la CIA ne se serait pas contentée de délivrer des stylos piégés à un agent cubain à Paris. Un an après la sortie du Jour le Plus long, l'Amérique aurait eu droit à un remake mené pas loin de ses côtes de Floride...

Il reste que cet épisode hautement symbolique de la lutte secrète opposant Castro à la CIA est souvent repris dans bien des ouvrages consacrés à l'assassinat de Kennedy. Justement... parce que c'est un symbole.

Teigne warreniste
Vendredi 25 mai 2001 à 04h10 #130 Modification de ce message Citer ce message
Kennedy se disait prêt à reconnaître le régime de Castro, mais posait 4 conditions:

1) restauration de la Constitution [élections libres]
2) rétablissiment du marché libre
3) expulsion de Cuba du personnel militaire et civil des pays du Comecon
4) dédomagement pour les expropriations des biens américiains saisis durant la Révolution

Nicolas Bernard
Vendredi 25 mai 2001 à 10h49 #131 Modification de ce message Citer ce message
Indeed, encore que ces exigences ont été faites pour satisfaire les prétentions d'un grand nombre de personnes plus ou moins liées aux affaires cubaines : exilés cubains themselves, Département d'Etat, militaires, presse même.

Le 23 avril 1963, Kennedy déclarait : "I think it is unfortunate that [Castro] was permitted to assume control in the 1950s, and perhaps it would have been easier to take an action then than it is now."

Et pourtant le fait est que la Maison-Blanche et "le barbu à abattre" étaient engagés dans des négociations secrètes à l'ONU. La libération contre rançon des prisonniers de la Baie des Cochons faisait partie, si je ne m'abuse, de ces négociations.

Kennedy avait tout intérêt à régler la crise cubaine. On était avant le Vietnam, et la présence d'un avant-poste communiste près des côtes de Floride était le problème majeur. Il savait que depuis la crise des missiles, Castro était intouchable (à moins que Castro n'aille trop loin, ou que Khrouchtchev réinstalle des missiles), que "Mangouste" ne servirait à rien d'autre qu'à aboutir à la Troisième Guerre Mondiale.

Surtout, Kennedy n'ignorait pas que Castro avait été déçu (très) par l'attitude du Kremlin au cours de la crise des missiles. Il était bon de saisir l'occasion qui se présentait et de normaliser les relations américano-cubaines.

C'est en tout cas ce que Kennedy a essayé de faire, avec prudence. Le meilleur exemple de cette politique à double-faces est constitué par la journée du 19 novembre, au cours de laquelle le Président américain tient le discours que vous évoquiez dans l'un de vos précédents messages (mais j'ignore s'il a effectivement tenu ces propos). Car s'il déclare le même jour que Cuba constitue "a weapon in an effort dictated by external powers to subvert the other American republics", il prend soin d'ajouter : "This and this alone divides us. As long as this is true, nothing is possible. Without it, everything is possible."

Autrement dit, si Cuba renonçait au soutien soviétique, tout redevenait possible. Le fait est que les castristes ont manifesté de la bonne volonté, au point que Kennedy a pu personnellement contacter Castro, par l'intermédiaire de Jean Daniel, journaliste de l'Express, qui allait rencontrer le lider maximo le 19 novembre.

Ce qu'on sait moins par contre, c'est que les négociations se sont poursuivies sous Johnson, et que les Cubains ont réellement espéré arriver à un arrangement à l'été 1964. Cela dit, les Américains n'ont plus manifesté la même volonté d'aboutir à cette solution négociée, d'autant que Johnson misait sur l'anticommunisme pour sa campagne électorale... Mais les documents déclassés dans les années 1990 démentent l'idée que Johnson a brutalement interrompu les négociations secrètes avec Castro (ce n'est véritablement qu'au milieu de l'année 1964 que l'on peut dire que la Maison Blanche se désolidarise de ces négociations). Johnson a il est vrai également réactivé des opérations spéciales contre Cuba, dans le même temps...

A propos de ce discours de Miami, il faut rappeler que des menaces de mort avaient été proférées à l'encontre de Kennedy, par des leaders locaux d'extrême-droite, comme J. A. Milteer ou des exilés cubains.

Sur Milteer (ce qu'il dit, ce qu'il ne dit pas, ce qu'on lui fait dire et ce qu'on lui fait savoir) :

[ Lien Web ]

Sur le reste, un rapport du Secret Service :

[ Lien Web ]

Le fait est que, bonnes paroles anticastristes pour épater la galerie ou pas, Kennedy n'était pas aimé de l'Extrême-Droite, qui éprouvait bel et bien des fantasmes de mise à mort.

Sur la politique cubaine de Kennedy menée en 1963 :

[ Lien Web ]

Teigne warreniste
Dimanche 27 mai 2001 à 00h28 #148 Modification de ce message Citer ce message
Kennedy jouait sur tous les fronts avec Castro. D'un côté, il essayait de distancer Castro des Soviétiques, pour emmener Castro a adopter une attitude "Titoïste" vis-à-vis Moscou.

De l'autre, les Kennedy, en particulier Robert, magouillait le renversement du régime via la CIA, [Desmond Fitzgerald) et son contact AM/LASH [Rolando Cubela]...

Teigne warreniste
Dimanche 27 mai 2001 à 00h35 #149 Modification de ce message Citer ce message
Joseph Milteer était un extrémiste religieux genre "born again Christian". Rien à voir avec les anti-castristes de Miami.

Le discours qu'à tenu Kennedy à l'Orange Bowl Stadium de Miami City était de nature à rassurer la communauté cubaine de Little Havana.

Nicolas Bernard
Dimanche 27 mai 2001 à 01h05 #151 Modification de ce message Citer ce message
Que Kennedy ait tenté de négocier avec Castro n'en faisait effectivement pas une colombe. Cela dit, il est tout de même allé très loin, à un point tel que La Havane pouvait croire, même après l'assassinat, que la voie vers la normalisation était ouverte.

Robert Kennedy travaillait contre Castro ? Exact. L'opération Mangouste, c'était lui qui la supervisait. Mangouste a nécessité l'emploi de pas moins de 400 agents de la CIA ! Au départ planifiée par le général Lansdale (le fameux général Y dénoncé par X dans le film "JFK" - accusation dénuée de fondement, ledit X s'étant révélé un escroc de première catégorie répondant au nom de Fletcher Prouty), elle a été confiée à Desmond Fitzgerald.

Mangouste a permis à divers intérêts a priori divergents de se rencontrer, à des partenariats de se nouer : CIA, Mafia, groupuscules d'extrême-droite, exilés cubains...

Kennedy jouait sur tous les tableaux, c'est vrai. Il voulait détacher Castro de Moscou, c'est encore vrai. Il avait les moyens d'y parvenir, en jouant la carte diplomatique.

Il avait mis fin à l'opération Mangouste (mars 1963), et les exilés cubains lui en voulaient, ignorant les modalités de la Realpolitik, et les ignorant d'autant plus que Kennedy dissimulait soigneusement ses manoeuvres réelles. Ils avaient interprété la résolution de la crise des fusées comme un signe de faiblesse à l'égard de Castro. La mise à mort par le Président de l'opération Mangouste, sans mettre fin aux projets d'assassinat de Castro, porta un coup non négilgeable au moral des combattants anticastristes cubains, et de leurs alliés mafieux et de la CIA.

Il reste que Fitzgerald, ex-responsable de Mangouste et Monsieur CIA pour l'Amérique latine, a rencontré l'agent Amlash à plusieurs reprises dans la seconde partie de l'année 1963. Le 29 octobre, Fitzgerald lui déclarerait qu'un coup de force cubain recevrait l'appui des Etats-Unis. Il s'était présenté comme un représentant de l'Attorney General, Robert Kennedy. Cela dit, la Commission Church n'a pu établir si RFK avait donné son accord à une telle initiative. L'ancien chef des opérations spéciales de la CIA, Richard Helms, a témoigné qu'il était peu probable que Robert Kennedy ait donné pareille approbation. Tout simplement parce qu'elle n'était "pas nécessaire."

Il y a autre chose. Extrait du Rapport de la Commission Church, p. 72, livre V :

"In late July 1964, an FBI informant again reported that the CIA had meetings with the Cuban official (AMLASH). This report indicates that that the purpose of those meetings had been to plan the assassination of Castro. The informant reported that the Cuban official had been unhappy with the CIA response that Attorney General Kennedy had refused to support the plan. Because the informant requested that the bureau not inform the CIA or the White House about this report, it was not disseminated outside the FBI. Headquarters advised the field office in contact with the informant, to keep them advised. The FBI supervisor involved noted on his copy of the communication to the field office, that the bureau, acting on orders from the Attorney General, was investigating a reported underworld plot against Castro, and that this might be the same as the alleged plot involving the Cuban (AMLASH)."

Cf. [ Lien Web ]

Robert Kennedy aurait donc désapprouvé l'opération présentée à Amlash, s'il faut croire cet informateur du FBI.

En d'autres termes, John Kennedy négociait avec Castro tandis que son frère jouait un rôle trouble et mal cerné. Rappelons au passage que lorsque le Président Kennedy a négocié le retour des prisonniers de la Baie des Cochons, il a pu compter sur Robert pour réunir les produits pharmaceutiques réclamés par Castro en échange de ce don.

Peut-être Kennedy s'est-il servi de son frère pour manipuler la CIA, lui faire croire que les projets anticastristes, en dépit de la liquidation officielle de "Mangouste", étaient encore valables. Robert Kennedy pouvait apparaître comme la "ligne dure" du clan K, celle sur qui les anticastristes de la CIA pourraient compter pour raisonner John, alors que le frère cadet ne faisait que jouer un rôle dicté par la Maison-Blanche pour avoir les coudées franches. Est-ce vraisemblable ? Ce raisonnement suppose tout de même que Kennedy pensait pouvoir tout contrôler, ce qui n'était pas le cas.

Sur les projets anticastristes :

[ Lien Web ]

[ Lien Web ]

Nicolas Bernard
Dimanche 27 mai 2001 à 01h31 #152 Modification de ce message Citer ce message
Perso, je ne vois rien de révélateur dans l'histoire Milteer, sinon que, comme je l'ai dit, l'extrême-droite en voulait à Kennedy, au point que certains de ses membres parlaient ouvertement de le faire supprimer. Et Milteer parle bien de mise à mort, même si ses propos n'indiquent pas qu'il fait partie d'une conspiration.

Sur Milteer :

[ Lien Web ]

Le discours de l'Orange Bowl n'a pas été tenu en 1963... mais le 29 décembre 1962. Avant que Kennedy ne mette fin à l'opération Mangouste, décision qui allait mécontenter (euphémisme) les exilés cubains, et accessoirement Mafia (à titre temporaire) et CIA.

Cf. [ Lien Web ]

Ce discours a été souvent invoqué par les exilés cubains pour contester la "timidité" dont paraissait être victime JFK, tout au long de l'année 1963. A un point tel que l'on parla des "broken promises of the Orange Bowl"... Kennedy, en ordonnant la fermeture des camps militaires (mars 1963), avait fait cette fois plus qu'être timide, il avait trahi ses engagements.

Le rapport du Secret Service en date du 30 novembre 1963 relatif au voyage présidentiel de Miami révèle bien que quelques Cubains au moins en voulaient à Kennedy. Alors, des mercenaires habitués à vivre dans la violence, pensez donc...

Cf. [ Lien Web ]

Le 19 novembre 1963, Kennedy était moins virulent contre Castro qu'il ne l'avait été au cours de son discours de l'Orange Bowl. Il estimait que si Castro mettait fin à sa politique de subversion à l'encontre des autres Etats latino-américains (traduisez : s'il prenait ses distances avec Moscou), tout devenait possible.

Teigne warreniste
Dimanche 27 mai 2001 à 04h23 #153 Modification de ce message Citer ce message
[ Lien Web ]

Il serait étonnant que Bob Kennedy ait été dans l'ignorance de ce que tramait la Special Affairs Staff qui était une division de la CIA responsable des actions clandestines contre Cuba, et présidée par Desmond Fitzgerald, un ami personnel de Bob Kennedy.

L'affaire AM/LASH s'est poursuivie au moins jusqu'au 22 novembre 1963, et certaines parties du discours de Miami du 18 novembre, furent rédigées par Fitzgerald et contenaient un signal destiné à Cubella.

[ Lien Web ]
Rolando Cubella

About two weeks later Fitzgerald arranged a further "signal" for Cubella and his followers in Cuba. He wrote a section of the speech President Kennedy was to deliver in Miami on November 18. It described the Castro government as a "small band of conspirators" that "once removed", would ensure United States assistance to the Cuban nation.

Edward Jay Epstein, Assassination Chronicles, page 518

Nicolas Bernard
Dimanche 27 mai 2001 à 12h49 #159 Modification de ce message Citer ce message
Il faudrait que je retrouve ce discours de Kennedy du 18 (pas du 19, comme je l'avais indiqué à tort dans mon précédent message).

Effectivement, si j'en crois Epstein, Fitzgerald, ami personnel des Kennedy, a bien réussi à intégrer les mots-clefs requis dans un discours de JFK en date du 18 novembre 1963.

J'ai fini par trouver l'extrait en question :

"A small band of conspirators has stripped the Cuban people of their freedom and handed over the sovereignty of the Cuban nation to forces beyond the hemisphere. This, and this alone, divides us. As long as it is true, nothing is impossible. Once this barrier is removed, everything is possible."

Il avait décrit Castro comme "a weapon in an effort dictated by external powers to subvert the other American republics".

En somme, ce message codé servirait à convaincre Amlash que Fitzgerald était bien introduit auprès des Kennedy.

Le problème est qu'à croire Arthur Schlesinger Jr., l'un des collaborateurs du Président et qui participa à la rédaction du discours, ces propos devaient prouver à Castro qu'il y avait malgré tout une chance de normaliser les relations. Cette chance serait concrétisée par l'arrivée à La Havane du médiateur nommé par Kennedy, le journaliste français Jean Daniel, qui rencontrerait Castro les 19 et 22 novembre.

Ces faits contredisent quelque peu la manoeuvre Fitzgerald. Plusieurs hypothèses s'offrent à bous :

- cas 1 : Kennedy joue bien double-jeu. Son frère parraine Fitzgerald pour que ce dernier organise l'assassinat de Castro par l'agent cubain Amlash. Les négociations ne seraient qu'un paravent destiné à endormir la méfiance de Castro ? Invraisemblable.

- cas 2 : Kennedy joue sur tous les tableaux. Doutant, en dépit de la bonne volonté cubaine exprimée lors des contacts pris à l'ONU, du fait que Castro se laisserait convaincre de prendre ses distances avec le Kremlin, le Président américain prend ses précautions, et un assassinat de Castro reste envisagé voire même préparé.

- cas 3 : Kennedy ne savait rien de la magouille de Fitzgerald. Il ne connaissait pas la signification des mots-clefs insérés dans son discours du 18 novembre. Pourquoi pas ? Mais alors quid du rôle de son frère ?

- cas 4 : variante du cas 3, à ceci près que Kennedy est déterminé à parvenir à une solution négociée. Par l'intermédiaire de son frère, il laisse croire à la CIA que l'option "fusillade de Castro" n'est pas écartée, sachant que Fitzgerald pourra mettre fin à l'opération sur simple demande. Ce qui s'est effectivement déroulé, mais après l'assassinat de JFK.

Il faut savoir tout de même que la CIA, avec Amlash, semble être allée plus loin que ne le voulaient les Kennedy.

Fitzgerald aurait-il invoqué le nom de RFK avec l'accord de ce dernier ? En dépit de ses liens d'amitié avec le clan Kennedy, je trouve que c'est difficile à croire. Après tout, Amlash ne jouissait pas d'une confiance totale à la CIA. Robert Kennedy aurait-il pris le risque de révéler les véritables intentions de la Maison-Blanche (liquider Castro) alors que dans le même temps des négociations secrètes sont menées à l'ONU ? La "révélation" de Fitzgerald constitue dans ce cas une belle bévue...

Le fait est que Fitzgerald n'était semble-t-il pas favorable à la solution négociée. Il a très bien pu organiser ce coup avec Helms afin de torpiller les tentatives de normalisation de Kennedy à l'encontre de Cuba. Ce qui tendrait à indiquer, c'est qu'il n'xiste aucun élément permettant d'indiquer que Fitzgerald ou Helms aient parlé de ce projet d'assassinat de Castro. Certes, Robert Kennedy avait donné son accord à l'opération Amtrunk, la recherche d'un groupe politico-militaire destiné à remplacer Castro. Mais cette instruction était bien limitée : la CIA aurait à se contenter de constituer ce groupe, avec l'aide de contacts de Cubela. Il n'en résulterait pas obligatoirement un coup d'Etat... ou un assassinat. Helms devait confirmer devant la Commission Church en 1975 : "I had pre-existing authority to deal with AM/LASH regarding 'a change of government' (as opposed to assassination)".

Fitzgerald et Helms sont allés au delà de la mission qui leur avait été confiée concernant l'agent Amlash. A moins que Robert Kennedy n'ait volontairement usé d'un langage codé, constellé d'euphémismes, ce que dément Helms lui-même... et surtout l'initiative de Fitzgerald lui-même ! Car si RFK avait voulu se couvrir devant la postérité, pourquoi avoir laissé l'agent de la CIA se présenter comme son émissaire ?

Autrement dit, en dépit des liens d'amitié existant entre RFK et Fitzgerald, il existe des doutes sérieux que l'initiative de ce dernier (proposer d'assassiner Castro avec un agent cubain qui, rappelons-le, était considéré par certains comme "suspect" - à tort) ait eu l'aval réel de l'Attorney General. Cela dit, il reste tout à fait possible que le clan Kennedy ait été tenu parfaitement au courant de cette opération. Il n'empêche que JFK négociait à la même époque un compromis avec La Havane, et que cette manoeuvre diplomatique était sérieuse. La CIA désapprouvait cette option.

Il reste que les exilés cubains qui avaient été le fer de lance de l'opération Mangouste n'étaient vraisemblablement pas au courant de ce "jeu cubain" extraordinairement complexe. Ils se souvenaient plutôt du fait que Mangouste avait été enterré et que cette liquidation avait pour cause un hypothétique accord secret Washington-Moscou par lequel Kennedy avait promis de ne plus toucher à Castro.

Dans cette optique, les exilés cubains risquaient d'en vouloir sérieusement à Kennedy. Et le fait est qu'ils lui en voulaient. Sont-ils passés à l'acte pour cette raison, j'en reste convaincu.

L'article d'Epstein est disponible à cette adresse :

[ Lien Web ]

Voir aussi :

[ Lien Web ]

Teigne warreniste
Dimanche 27 mai 2001 à 18h08 #163 Modification de ce message Citer ce message
Le projet d'utiliser Jean Daniel comme courrier entre Washington et La Havane ne fut pas un projet des Kennedy, mais de William Attwood, qui fut Ambassadeur américain en Guinée. Attwood eut l'idée d'un rapprochement avec La Havane après avoir lu une interview de la journaliste Lisa Howard avec Fidel Castro en avril 63.

C'est Ben Bradlee, journaliste du Newsweek, qui a intercédé pour Daniel auprès de son ami JFK. L'initiative ne provenait pas de Kennedy, mais de tierces personnes, et s'est déroulée parallèlement à l'opération AM/LASH.

Les conditions posées par Kennedy pour un rapprochemnt avec La Havane, n'étaient pas prêtes d'être acceptées par Castro. 42 ans plus tard, une seule des 4 conditions est remplie, et c'est un accident: suite à l'effondrement du communisme en Europe de l'Est, les pays du Comecon ont tous retiré leur "aide" à Cuba.

Nicolas Bernard
Dimanche 27 mai 2001 à 22h23 #184 Modification de ce message Citer ce message
Initiative d'Attwood, indeed. Mais le fait est que Kennedy a approuvé.

Quant à Jean Daniel, là encore, approbation de Kennedy :

[ Lien Web ]

Dans tous les cas, initiatives de Kennedy ou pas, le fait est que ce dernier cherchait à négocier un modus vivendi.

D'ailleurs, Kennedy n'a pas non plus pris l'initiative de lancer des projets d'assassinats par l'intermédiaire d'Amlash. C'est la CIA qui est allée plus loin que RFK ne le voulait...

Kennedy était bel et bien préparé à normaliser les relations américano-cubaines, à quelques conditions que Castro accepterait peut-être (on en était au début des négociations, faut-il le remarquer).

Teigne warreniste
Dimanche 27 mai 2001 à 22h39 #185 Modification de ce message Citer ce message
Pour moi, les relations avec Cuba n'étaient pas sur le point d'être normalisée. Récemment le premier-ministre canadien avait fait des propositions semblables à Castro, comme condition à l'admission de Cuba à la Zone de libre-échange des Amériques [ZLEA], Castro n'a pas montré le moindre intérêt à l'idée de s'engager à tenir éventuellement des élections libres et à libéraliser son marché....

Nicolas Bernard
Lundi 28 mai 2001 à 22h35 #218 Modification de ce message Citer ce message
Le fait est que Kennedy a apporté une modification à une politique proclamée sous Eisenhower et consistant en ceci :

- projets de coups d'Etat ;
- tentatives d'invasion militaire ;
- opérations d'assassinat du lider maximo ;
- destabilisation politique : sabotages, attentats, etc. ;
- embargo économique ;
- propagande anticommuniste et anticastriste ;

JFK s'est en effet lancé dans une politique de négociations avec Castro, politique qui a été favorablement interprétée à Cuba, à un point tel que même sous Johnson, en 1964, Castro y croyait encore !

Kennedy ne pouvait plus liquider Castro, à défaut de replonger dans une crise majeure avec l'URSS. Il ne faut pas négliger l'impact de la crise des fusées d'octobre 1962, période à laquelle la survie du monde n'a tenu qu'à un fil et quelques kilotonnes de chance.

En ce sens, le recrutement d'Amlash apparaît comme illogique. Il semble, comme je l'ai dit, que la CIA soit, avec cet agent, allée plus loin que le clan Kennedy ne l'avait demandé. Là où Robert Kennedy avait demandé la constitution d'une équipe susceptible de remplacer Castro, la CIA a parlé à Amlash de projets d'assassinat. Il est toutefois possible (mais à mon sens peu probable) que la Maison-Blanche ait su de quoi il retournait : Amlash aurait servi de joker en cas d'échec des négociations. Mais là encore, je m'étonne que Kennedy se soit lancé dans une tactique aussi risquée : Amlash pouvait être un agent double, after all. Et si Amlash parvenait à éliminer Castro, le crime, malgré tout, serait signé : CIA. Quelle serait la réaction de l'URSS ? Du monde ? Là encore, il faut prendre en compte la puissance charismatique de Castro. Kennedy aurait-il pris le risque d'en faire un martyr ? J'en doute.

Par ailleurs, je doute sérieusement d'une mauvaise foi de Kennedy, en dépit de tout ce que je sais du personnage, en la présente espèce. Il avait tout de même eu recours à des journalistes (Bradlee, Daniel), des proches pour approcher les Cubains. Ces personnes l'auraient sans doute mal pris de s'être fait manipuler à ce point. Jean Daniel, par exemple, n'aurait probablement pas tenu sa langue en cas d'assassinat de Castro en 1964.

Non, rien n'indique que le Président américain avait réellement l'intention de faire supprimer Castro, même en cas d'échec des négociations. Ni les instructions données à la CIA, ni sa politique d'approche via l'ONU et Jean Daniel, ni même la bonne volonté cubaine (indéniable) ne confirment cette hypothèse.

PS. Sur l'exclusion de Cuba de la ZLEA, un article de not'journal impartial local, "Le Monde" :

[ Lien Web ]

Teigne warreniste
Mercredi 30 mai 2001 à 01h39 #226 Modification de ce message Citer ce message
Kennedy avait un esprit compartimenté. Il pouvait à la fois "négocier" un rapprochement conditionnel avec le Cuba de Castro et en même temps poursuivre le programme de soutient actif au renversement du régime de La Havane...

En juin 1963, Kennedy à quinze jours d'intervalle, tient le discours "colombe" de l'université américaine : "We are all mortals" et quinze jours plus tard le discours "cold warrior" de Berlin: "Ich binh ein Berliner". Comme on peut le constater, ce n'était pas les contradictions qui risquaient de faire mourrir JFK....

Nicolas Bernard
Mercredi 30 mai 2001 à 02h18 #227 Modification de ce message Citer ce message
Il n'est pas pleinement avéré que Kennedy ait poursuivi le programme anticastriste. Bien des éléments indiquent que la CIA a, en ce qui concerne les projets d'assassinat pour 1963 en général et l'agent Amlash en particulier, outrepassé les instructions données.

Pour ce qui est de la nature compartimentée du cerveau de Kennedy (sans doute est-ce pour cette raison qu'on ne l'a jamais retrouvé ?), désolé, mais je crois qu'il était réellement engagé dans un processus de paix avec Cuba. Une paix bien évidemment conditionnelle, et inscrite dans l'optique de la Guerre Froide.

L'important n'est toutefois pas tant ce que Kennedy comptait faire ou même faisait, mais l'interprétation de ses faits et gestes par diverses personnes, comme les exilés anticastristes, qui, le fait est indéniable, lui en voulaient énormément, ayant été furieux qu'il leur refusa le soutien militaire lors de la Baie des Cochons, lorsqu'il refusa également d'envahir Cuba l'année suivante lors de la crise des fusées, et lorsqu'il mit fin à l'opération Mangouste (mars 1963). Il n'est pas non plus exclu que les manoeuvres diplomatiques de Kennedy vis-à-vis de Castro soient totalement passées inaperçues. Ajoutons à cela que la rumeur d'un accord secret Kennedy-Khrouchtchev s'était répandue dans les milieux cubains du sud des Etats-Unis (entre autres) : JFK laissait tomber Castro en échange du retrait des missiles. L'interruption de Mangouste paraissait confirmer cette hypothèse. Le discours de l'Orange Bowl du 29 décembre 1962 ? Bien des Cubains le lui reprocheraient, justement... Kennedy apparaitrait une fois de plus comme un menteur.

Une telle perception de la réalité, obscurcie par la paranoia de l'époque, réellement difficile à imaginer de nos jours, ne pouvait qu'avoir des conséquences néfastes. Les exilés cubains étaient agités par l'extrême-droite américaine locale (John Birch Society), par leurs acolytes de la CIA, par leurs amis mafieux. Autant de personnes qui, pour toute une série de raisons, en voulaient à Kennedy. A partir de là, tout est possible... Kennedy pouvait se montrer dur vis à vis du communisme ? Ce n'étaient que des mots, pouvaient-ils penser, les Cubains étant bien placés pour le savoir, puisqu'il y avait eu l'Orange Bowl et ses promesses fallacieuses...

PS. Le discours de Kennedy à l'Université de Yale (10 juin 1963) est disponible ici :

[ Lien Web ]

Le discours berlinois est intégralement reproduit ici :

[ Lien Web ]

Quelques extraits :

-------- début de citation ---------

Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas
comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu'ils viennent à Berlin !
Il y en a qui disent que le communisme est la voie de l'avenir. Qu'ils viennent à Berlin !
Il y en a qui disent qu'en Europe et ailleurs, nous pouvons travailler avec les communistes. Qu'ils
viennent à Berlin !
Notre liberté éprouve certes beaucoup de difficultés et notre démocratie n'est pas parfaite. Cependant, nous n'avons jamais eu besoin, nous, d'ériger un mur pour empêcher notre peuple de s'enfuir. [...] Le
mur fournit la démonstration éclatante de la faillite du système communiste. Cette faillite est visible aux yeux du monde entier. Nous n'éprouvons aucune satisfaction en voyant ce mur, car il constitue à
nos yeux une offense non seulement à l'histoire mais encore une offense à l'humanité. [...] Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens de Berlin. C'est pourquoi, en tant qu'homme libre, je suis fier de dire: Ich bin ein Berliner !

---------- fin de citation -----------

Cf. [ Lien Web ]

Nicolas Bernard
Mercredi 30 mai 2001 à 02h49 #228 Modification de ce message Citer ce message
La fatigue à 2 h du mat'... J'ai noté que Kennedy tient son discours du 10 juin 1963 à Yale, mais non, c'est bien à l'Université américaine de Washington. La question de savoir pour quelle raison j'ai tapé les quatre lettres "Yale" ne recevra sans doute jamais de réponse...

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